RARETÉ DES RESSOURCES : VERS DES SYSTÈMES URBAINS SOBRES

Jeudi 21 janvier
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15:15 - 17:30
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Atelier B

Les métropoles, par leur fonctionnement quotidien autant que par celui de leurs systèmes productifs, mobilisent, génèrent et sont traversés par de nombreux et abondants flux de matières et d’énergie, de nature distincte et hétérogène, mais toutes à fort impact environnemental et social. C’est le cas des matériaux de construction, des déchets ou de ressources plus fragiles et sensibles comme l’eau et les productions alimentaires. Ces ressources sont parfois produites localement, mais aussi et plus encore importées, puis pour certaines exportées. Ces flux traduisent de façon particulièrement aigue l’inscription des systèmes métropolitains dans des échelles multiples imbriquées et parfois en interférences : locales, dans leur relation avec leur hinterland et les systèmes régionaux, nationales, ou encore mondialisées.

Ce fort impact environnemental et social se situe à plusieurs niveaux : lorsqu’il s’agit d’une ressource rare, à protéger (eau) ou dont l’exploitation génère des déséquilibres écologiques (matériaux, terres agricoles), lorsqu’il s’agit de matières transportées par des modes générateurs de pollution, de saturation du système de transports et de coût énergétiques, lorsqu’il s’agit également de ressources non-renouvelables dont la pénurie affecte inégalement les sociétés, ou produites en excès (déchets).

Cette dynamique métabolique des métropoles, au-delà de l’hétérogénéité des matières et la circulation des flux qu’elles impliquent, soulève une série de questions et permet d’identifier une série de points plus ou moins aveugles:

     - la connaissance du métabolisme métropolitain : volumes, origine et destination des matières en circulation ; aires d’approvisionnement, d’émission de diffusion. Quels dispositifs de production de données, d’observation, mais aussi de représentation ? Pour quelle maîtrise ?

     - la qualification des dépendances métropolitaines au regard de certaines ressources et de leurs territoires d’approvisionnement parfois très éloignés. Quelles sont les stratégies engagées pour réduire cette dépendance (projets alimentaires territoriaux, économie circulaire...)? Faut-il développer des formes d’approvisionnement d’appoint, de secours ou de substitution, notamment en cas de crise ? Quels vecteurs de réduction des externalités et des effets indirects des métropoles sur d’autres territoires ?

     - l’identification des capacités d’action dont disposent ou peuvent se doter les métropoles pour agir sur ces dimensions fondamentales de leur fonctionnement. Comment peuvent-elles agir sur des flux qu’elles ne maîtrisent pas a priori (flux alimentaires par exemple) ? Quelles logiques de gouvernance mettent-elle (ou pourraient-elle mettre) en œuvre entre acteurs publics et acteurs privés ?

     - le développement de relations entre territoires d’approvisionnement et territoires de consommation ou de rejet, dans le cadre d’une réflexion territoriale large voyant se redéfinir certaines anciennes questions ayant trait aux relations ville/campagne. Quelles coopérations et sous quelles formes viennent-elles renouveler les relations entre la métropole et son hinterland, ses systèmes régionaux et pour quelle efficience ? Quelles capacités construisent-ils ensemble de régulation de ces flux, pour quel modèle de métropole plus sobre ?

Plus largement dans un cadre et des circonstances où les métropoles ont à s’interroger de façon plus nette sur leur capacité de résilience face à des crises (sanitaires) est posée la question de leur capacité à faire système, à introduire la problématique des relocalisations, à croiser différentes politiques publiques (optimiser les différents flux de manière globale, et pas seulement par couplage comme énergie/déchets ; déchets/transport ; ...), à maîtriser des flux, notamment ceux dont ces métropoles n’ont pas forcément la compétence (autorités organisatrices de l’action collective).

Ressources

Bibliographie Associée